J’ai pris ma retraite en 2024 à 62 ans avec suffisamment pour vivre confortablement. Mais j’aurais pu faire bien mieux. Voici ce que j’aurais voulu qu’on me dise à 35 ans.
Je m’appelle Philippe, j’ai 64 ans et je vis en Bretagne. Je n’ai rien d’un financier brillant. J’ai été ingénieur dans l’industrie toute ma carrière, j’ai géré mes finances avec sérieux mais sans génie. J’ai fait des erreurs — des vraies, qui m’ont coûté de l’argent. Et j’ai fait des choses bien, qui m’ont permis de prendre une retraite sereine à 62 ans.
Ce témoignage n’est pas de la théorie. C’est 30 ans d’expérience condensée, avec les regrets honnêtes et les satisfactions méritées. Si vous avez entre 30 et 55 ans et que vous commencez à penser sérieusement à votre retraite, lisez ça attentivement.
L'erreur de jeunesse que presque tout le monde fait
J’avais 28 ans quand j’ai commencé à travailler vraiment. La retraite ? C’était pour les vieux. Je pensais que j’avais le temps. Et j’avais raison — mais je n’avais pas compris à quel point le temps était précieux.
Voici ce que l’effet des intérêts composés m’a appris trop tard : 100€ investis à 30 ans dans un support à 7% de rendement annuel moyen deviennent 1 500€ à 60 ans. Les mêmes 100€ investis à 45 ans deviennent 390€ à 60 ans. La différence n’est pas dans le montant investi — c’est dans le temps donné à cet argent pour fructifier.
Je n’ai commencé à investir sérieusement pour la retraite qu’à 38 ans. Pas dramatique, mais j’ai laissé 10 ans d’effets composés sur la table. En euros réels ? Probablement 40 000 à 60 000€ de manque à gagner. J’aurais préféré les avoir.
Les 8 placements que je recommande (avec mon vécu personnel)
- Le PER — Le meilleur cadeau fiscal disponible
J’aurais dû ouvrir un PER (Plan d’Épargne Retraite) dès sa création. La déductibilité fiscale des versements est exceptionnelle : chaque euro versé réduit votre revenu imposable. Pour quelqu’un dans la tranche à 30%, c’est une économie d’impôt immédiate de 30% sur le montant investi.
Exemple concret que j’ai vécu sur mes dernières années d’activité : je versais 6 000€/an sur mon PER, ce qui me permettait d’économiser 1 800€ d’impôts. Mon investissement net réel était donc de 4 200€ pour 6 000€ capitalisés. Aucun autre placement n’offre ce type de levier.
- L’assurance vie en unités de compte — Le dos carré du portefeuille
Mon assurance vie a été ouverte en 1998. C’est l’actif sur lequel je compte le plus aujourd’hui. Sur 25 ans, une allocation diversifiée entre actions et obligations a produit un rendement moyen d’environ 5,5% par an. Ça peut sembler modeste, mais sur 25 ans, un capital de 50 000€ investi progressivement est devenu bien plus.
- Les SCPI — L’immobilier sans les tracas
J’ai acheté des parts de SCPI à 42 ans. C’est l’investissement dont je suis le plus satisfait. Pas le plus rentable — les actions ont fait mieux sur 20 ans — mais le plus régulier. Trimestre après trimestre, les loyers tombent sur mon compte. Maintenant à la retraite, c’est un revenu complémentaire stable et prévisible.
- Le PEA — Les actions avec l’enveloppe fiscale
J’ai ouvert un PEA à 40 ans. Erreur : j’aurais dû le faire à 25 ans pour maximiser l’avantage fiscal (exonération d’impôt sur les plus-values après 5 ans). Mais même ouvert à 40 ans, il m’a permis d’accumuler une belle performance sur 20 ans avec des ETF simples et peu coûteux.
- L’immobilier locatif — Le bon et le moins bon
J’ai eu un appartement locatif à Rennes de 45 à 58 ans. La performance a été honnête — pas exceptionnelle — mais le bien a pris de la valeur et les loyers ont contribué à ma retraite. Ce que j’aurais fait différemment : choisir un bien dans une ville en croissance plus dynamique, et mieux anticiper les travaux de rénovation énergétique.
6-8. Les placements que j’ai moins exploités
Le crowdfunding immobilier est arrivé trop tard pour moi (je découvrais la retraite juste quand ça décollait), mais les rendements de 7-9% sur 3-5 ans sont intéressants pour les 40-55 ans qui cherchent de la diversification. Les ETF à faibles frais sur les marchés mondiaux auraient été dans mon allocation idéale si je recommençais — moins de fonds actifs coûteux, plus d’ETF MSCI World. Et l’or physique ou en ETF, pour une toute petite part du portefeuille (5%), comme assurance contre les crises.
Le plan que je recommande selon votre âge
Avant 35 ans : priorité au PEA et à l’assurance vie. Maximisez les versements sur des supports dynamiques (majoritairement actions). L’horizon est long, vous pouvez prendre du risque. Même 100€/mois, c’est déjà énorme sur 30 ans.
De 35 à 50 ans : ajoutez le PER dès que vous êtes dans la tranche à 30% ou plus. Diversifiez vers l’immobilier (SCPI ou direct si vous pouvez). Commencez à légèrement sécuriser votre PEA (10-20% en obligations).
De 50 à 60 ans : sécurisez progressivement. Réduisez la part actions sur votre assurance vie. Renforcez les SCPI pour préparer des revenus complémentaires. Vérifiez vos trimestres cotisés — c’est le moment de racheter des trimestres si vous en manquez.
Le message que je voudrais que tous les jeunes actifs retiennent est simple : commencer tôt est plus important que commencer bien. Un plan imparfait démarré à 30 ans vaut mieux qu’un plan parfait démarré à 45 ans. Et si vous n’avez pas encore commencé, peu importe votre âge — le meilleur moment, c’est maintenant.
